Grandir, adapter, évaluer : nos programmes avancent sur le terrain

Transformer durablement les pratiques éducatives demande du temps, une attention constante aux réalités du terrain et la capacité d’ajuster les approches à partir des enseignements recueillis. Les derniers rapports d’avancement de Graines de Paix, en Suisse, au Bénin et en Côte d’Ivoire, témoignent de cette dynamique : chaque programme se trouve à une étape différente, mais tous poursuivent le même objectif, celui de créer des environnements éducatifs plus sûrs, plus inclusifs et plus favorables aux apprentissages.

Adapter les réponses aux contextes

Animateurs en formation AdoGoZen

En Suisse, le programme AdoGoZen a franchi une nouvelle étape dans son extension régionale : son réseau réunit désormais 22 centres socioculturels dans six cantons romands, soit plus du triple de sa couverture initiale. En parallèle, le premier guide de prévention du harcèlement est entré en phase de production active au sein de l’EdLab de Graines de Paix, notre laboratoire d’innovation pédagogique, avec une particularité : des jeunes adultes sont associés à la co-création des contenus. Enfin, le programme Bien Vivre Ensemble (BVE), destiné aux élèves de 12 à 15 ans, se prolonge au-delà de son échéance initiale. Un nouveau module consacré aux usages de l’intelligence artificielle générative et à leurs effets sur le vivre-ensemble scolaire est par ailleurs en préparation.

Au Bénin, le cap des 10’000 enseignant·es formé·es à la pédagogie Graines de Paix a été franchi dans le cadre d’APEV-Transformation, tandis que près de 39’000 parents ont été sensibilisés à l’éducation sans violence dans quatre départements du nord du pays. Meilleure École pour les Filles a lancé sa phase de réplication dans l’Atacora, avec une première cohorte de 440 enseignant·es formé·es. Le projet Les Artisans de la Vie consolide cette dynamique à travers les centres « Semeurs de Paix », qui ont réuni à eux seuls plus de 7’500 parents et comptent désormais un sixième centre, ouvert à Ouaké en juin.

enfants dans la cour de l'école de Natitingou

En Côte d’Ivoire, le projet Léon et ses émotions a dépassé ses principaux objectifs quantitatifs. L’exposition itinérante a circulé de janvier à mars dans 60 écoles d’Abobo et de Yopougon, à la rencontre de 10’420 élèves, soit plus du double de l’ambition initiale, dont 51 % de filles. Adaptée en amont avec des spécialistes ivoiriens, elle a également démontré sa capacité d’inclusion en accueillant une classe d’élèves sourd·es et malentendant·es grâce à une traduction en langue des signes.


Plusieurs programmes s’appuient désormais sur des évaluations externes ou sur des dispositifs structurés de collecte de données.

En Côte d’Ivoire, une évaluation avant/après menée auprès d’un échantillon de 300 élèves montre des progrès significatifs : la part des élèves capables de reconnaître la joie est passée de 20 % à 73 %. Au Bénin, plus de 3’600 enseignant·es ont déjà bénéficié d’un suivi en classe après leur formation, tandis qu’une étude de référence a été conduite auprès des enseignant·es, des parents et des leaders communautaires. En Suisse, le programme Bien Vivre Ensemble a lancé son évaluation externe d’impact, conduite par une doctorante de l’Université de Genève sous la supervision d’une professeure de l’Université de Lausanne. AdoGoZen a, pour sa part, démarré la mesure des compétences psychosociales des jeunes à leur entrée dans le programme.

Cette démarche va au-delà du suivi des activités. Elle aide à comprendre les évolutions observées, à identifier les ajustements nécessaires et à préparer les prochaines étapes.


Une transformation qui se construit dans la durée

Pris ensemble, ces rapports montrent qu’une transformation éducative durable repose sur plusieurs dimensions complémentaires : la qualité des ressources, la formation et l’accompagnement du corps enseignant, l’implication des familles et des communautés, le dialogue avec les institutions et l’évaluation régulière des actions menées.

Faire un don

Ces avancées sont rendues possibles par l’engagement des équipes, des partenaires, des professionnel·les de l’éducation, des communautés et des bailleurs qui accompagnent les programmes sur le long terme.